JUSQU'A L'OS

Texte:

Marion Denouette

 

Mise en scène:

Hélène July

Enzo Verdet

 

Comédiens:

Hélène July

Marin Laurens

 

Créations sonore:

Marin Laurens

 

Régisseur son et lumière:

Marin Laurens

Mots de l’auteur:

La maladie de ma mère a fait de sa vie, du moins des quelques dernières années, un enfer qui devenait de moins en moins réel, cependant, l’entourage, ses enfants, moi, vivions dans un enfer vif et bien réel. J’ai décidé d’écrire ce monologue car il était pour moi absolument nécessaire de témoigner du calvaire que subit l’entourage d’un malade du SIDA. Le sujet est, d’après moi, de plus en plus banalisé dans le temps et pourtant le problème est toujours là. Il est d’autant plus rare d’entendre parler de la souffrance des proches qui soutiennent, assistent et tiennent la main des condamnés du début jusqu’à la fin.

La première fois que nous avons lu le texte de Marion Denouette, nous avons été bouleversés par les propos qu’elle tenait et qu’elle défendait. Dans un deuxième temps c’est la langue employée qui a retenu toute notre attention. L’auteure écrit de manière incisive, directe. Son langage est très musical, cyclique comme une histoire qui se répète sans cesse. Sa parole très vite arrêtée, les mots manquent, les mots restent coincés dans la gorge. Ces mots que l’on doit dire pour expliquer le drame mais qu’on ne peut prononcer.  Elle écrit comme elle respire, dans un souffle, parfois long, parfois court, très court. A l’image de cette écriture, nous avons voulu créer une mise en scène très organique. 

Une chaise, un drap, une ampoule, et de l’humain, beaucoup d’humain. Nous voulons dire pour continuer de faire exister. Dire pour prévenir, agir. Ne pas user de trop d’artifices pour mettre en lumière le témoignage d’une petite fille face à la maladie incurable de sa mère. La maladie du SIDA et les effets que ce syndrome peut avoir sur l’entourage de la victime reste pour nous un sujet primordial. En 2017, 1,3 million de personnes sont décédées de maladies liées au SIDA.

Ne pas s’apitoyer, mais combattre, comme ceux qui la vivent, ceux qui la subissent. Rapporter la parole de ceux qui vivent sans et avec, ceux qui survivent. Nous voulons mettre en avant que la souffrance n’est pas qu’une affaire d’individu mais de société.